EXPOSITION: ANTHROPOCÈNE 1 _____


Exposition ANTHROPOCÈNE 1 - Remanent Slash - 2023

Exposition :
ANTHROPOCÈNE 1
Veronika Horlik
Du 9 au 30 Septembre 2023
Galerie YL-S
25 Rue Beausoleil,
St-Gabriel QC J0K 2N0

Communiqué de presse
WARNING, EXTREMELY DANGEROUS SINGLE-WIDTH SLOW STEEP WINDING
UNMAINTAINED ROAD AHEAD sont autant d’avertissements gravés dans l’argile par l’artiste céramiste Veronika Horlik pour nous indiquer que la direction à prendre n’est pas sans risque.

Dans l’exposition Anthropocène 1, la céramiste, qui a plus de 25 ans de pratique, a décidé d’impliquer le spectateur dans son nouveau corpus d’œuvres toujours en abordant les thèmes qui lui sont chers, ceux de la déforestation et le paysage naturel Canadien. Ces œuvres font preuve d’une grande maîtrise de leur médium et bouleversent dans le contexte actuel des grands feux qui dévastent la planète.

Dès nos premiers pas dans la galerie, on a l’impression d’arriver après la catastrophe, alors qu’on se retrouve devant un amas de troncs brûlés. Il s’agit en fait d’une terre glaise devenue, entre les mains de l’artiste, une terre de bois charbonneux.

Sur le mur, face à ces restes fumants, une série d’installations présentées comme des stations nous invite à suivre un fil narratif qui adresse, chacun à leur manière, les causes et conséquences des changements climatiques. La présence de chevrons de bois peints, incursion industrielle dans la nature, nous rappelle à la manière d’un panneau indicateur routier qu’un choix de direction s’impose face à notre avenir.

L’ensemble de l’exposition oscille du ludique au drame, dans une esthétique imprégnée de l’imaginaire de l’enfance – miroirs colorés, tic-tac-to, animaux, couleurs chatoyantes –. Ici les glaçures, du noir profond au gris lumineux, ressemblent à « de l’huile à moteur qui coule sur des petits lapins », dirait Horlik.

L’anthropocène marque le début de l’impact à grande échelle de l’activité humaine sur la biosphère et Véronika Horlik – par ces œuvres céramiques à échelle humaine – livre un regard qui balance entre la beauté et la destruction sur l’état actuel de la forêt. Cette forêt, ça se sent, elle la connaît bien pour avoir géré des camps de reboisements dans le nord du Québec, de l’Ontario et de l’Alberta.

Il s’agit de la plus puissante et de la plus aboutie des expositions de l’artiste qui entreprend avec ce corpus une série en plusieurs volets sur la forêt à l’air des changements climatiques.

Pour les passionnés de céramique, cette exposition est un tour de force, tant dans la diversité des techniques, des formats et des glaçures aux nuances spectaculaires.

Texte par Julie Hétu
Image : Rémanents / Slash, détail.